-Publication récente aux Editions l'Entretemps-
L’itinérance / L’arrivée (le départ)
[Le fil et les différents éléments du décor sont dévoilés sous une lumière tamisée]
Le musicien entre et prend le temps de s’installer à son piano. Il allume sa petite lumière.
Le personnage arrive chargé de tous ses bagages : il avance simplement pas à pas à la découverte de l’espace.
[D’étranges sons parviennent des bagages]
Il aperçoit le milieu du fil, s’en approche avec curiosité. Il le suit sans discontinuer jusqu’à se retrouver interpellé par la plate-forme.
[Cette première plate-forme est nommée « la porte »]
Il prend un peu de recul avant de s’y engager.
Il s’y hisse comme il peut, puis regarde de haut l’espace qui le sépare du sol. Il aperçoit de nouveau le fil, s’en rapproche avec hâte et le suit du regard jusqu’à la plate-forme d’en face.
[Cette seconde plate-forme est nommée « la maison »]
[La lumière s’intensifie éclairant de manière uniforme l’ensemble du fil]
Attiré, il s’engage prudemment dans le premier pas de la traversée du fil, et marche ainsi pas après pas. La musique démarre sur un thème « d’ouverture » sensible et doux, plutôt Largo.
Il suspend sa marche un court instant, mais décide d’aller jusqu’au bout. Arrivé à la plate-forme, il respire. Il se retourne en prenant le temps d’observer la maison. Il se baisse pour poser ses bagages.
[La valise-accordéon se pose sur le bord du socle et les autres tombent par terre avec fracas]
Il s’immobilise.
Il porte ses mains contre sa poitrine, tâtonne et sent quelque chose au travers du manteau. Il sort la toute petite valise, l’observe d’un regard tendre et la suspend avec délicatesse.
Il fait un tour dans la « maison », regardant un à un ses bagages sur le sol. Il aperçoit la corde du carton restée sur le fil, et la récupère à bout de bras. Il défile la corde dans ses mains, regarde le fil, puis la corde et l’attache à l’extrémité du câble. Il se saisit à pleines mains du carton et le lâche précisément de l’autre côté du fil. Il le regarde.
Il va pour s’asseoir, mais se relève aussitôt, pensant à enlever son manteau.
(...)