« Les prestations de la funambule ont coupé le souffle au public.
Cette semaine ce sont les Territoires inimaginaires qui ont régalé l’assistance. Dans ce spectacle donné en duo, on a pu suivre une funambule qui, au rythme de la musique et du chant d’un pianiste, a accompli des figures acrobatiques le long d’un fil. Et tout cela en sortant de ses bagages des objets d’apparence quotidienne qui deviennent au gré de l’équilibre et du déséquilibre, des partenaires aux multiples facettes. Entre tragédie et comédie, elle a fait et défait ses valises. Le fil de la vie, quoi ! Visiblement content du spectacle, le public a offert des applaudissements chaleureux à la fin de chacune des prestations. Des prestations tout simplement « Inimaginaires. »
Laval-Ouest France Vendredi 25 juillet 2008
« L’équilibriste, Johanna Gallard, accompagnée musicalement par le piano et les chants de Thierry Bazin (tous deux artistes de cirque reconnus), est restée entre ciel et terre une bonne vingtaine de minutes portée et soutenue par les applaudissements d’un public conquis par l’onirisme et la grâce de ce spectacle funambulesque. »
Le Républicain Guillaume Cotty 24 juillet 2008
« La fête votive s’est faufilée entre les gouttes, avec une programmation qui a été fort appréciée. Au fil du vent, troupe constituée par Johanna Gallard et Thierry Bazin, a présenté « Territoires inimaginaires », un spectacle qui invite au voyage, plein de tendresse et de poésie. Il a été crée par Johanna avec une musique originale de Thierry. C’est un spectacle « sur le fil », pour reprendre les termes de Johanna. Elle habite Nojals depuis quelques mois et Thierry St-Avit Sénieur. Il est musicien, pianiste concertiste et compositeur, pendant qu’elle marche et danse sur un fil. Depuis une année, ils travaillent ensemble, mais sans contrainte, lui avec son clavier, elle avec son fil sur lequel elle suit le rythme du clavier, à moins que ce ne soit l’inverse…Après le buffet du soir, Johanna avait installé un fil d’entraînement dans la salle des fêtes et a permis à ceux qui le souhaitaient de s’essayer sur un fil suivant ses conseils. Le succès a été grand chez les enfants mais aussi chez les adultes. »
Ouest France Pays Bergeracois Jean-Pierre Billes 18 juillet 2008
« …Le spectacle était tout aussi féerique, grâce à la compagnie « Au Fil du Vent ». Ce spectacle de danse sur fil a ébloui les nombreux spectateurs ».
Sarre Hebdo 27 juillet 2007
« Mardi soir, Johanna Gallard, sur la musique de Thierry Bazin, a flirté avec la gravité et embrassé la poésie…un récital aérien...Jouant sur l’équilibre et le déséquilibre, flirtant à chaque instant avec la chute et construisant un univers onirique sur le maigre espace scénique lui servant de scène, la fildefériste a enchaîné les exploits techniques, se jouant de la gravité comme son personnage enfantin s’affranchit du monde des adultes. »
Le Républicain Lorrain -Sarrebourg- 26 juillet 2007
« Une histoire qui ne tenait qu’à un fil.Les prouesses ont été enchaînées par l’artiste, dans un spectacle plein de symboles…L’équilibriste joue avec le point de rupture, devant un public abasourdi.Une histoire sans paroles où seul un pianiste a voix au chapitre, en chantant ou en jouant divinement bien…la mise en scène est impeccable . Même si elle se joue sur le fil du rasoir, la chute est chaque fois évitée. Les spectateurs retiennent leur souffle avant d’applaudir généreusement…De fil en aiguille, les chorégraphies s’enchaînent. Chaque pas est un instant de vie, mieux même, un instantané de vie, un moment de découverte. Attentif au moindre mouvement, le public aime et applaudit longuement. Il est emballé lorsque l’artiste alterne les sauts en faisant tournoyer une ombrelle autour du câble, en enjambant les vêtements dispersés sur son fil conducteur…l’assistance a savouré cette pièce originale où tout ne tient qu’à un fil, et le fait savoir en applaudissant à tout rompre lorsque la magie prend fin. »
Le Républicain Lorrain –Sarreguemines- 27 juillet 2007
“...s'habiller, enfiler un pantalon, nouer ses chaussures, tout cela en cadence sur des arrangements musicaux originaux au piano joués avec brio par Thierry Bazin. Et quand elle nous quitte dans le silence, en abandonnant une plume blanche sur le fil, c'est un regret de sa grâce légère, de son humour, de sa chorégraphie bien maîtrisée qui s'empare de nous. Des applaudissements nourris ont salué la prestation de l'équilibriste et du pianiste. Revenez nous voir de votre lointaine banlieue parisienne, on en redemande !”
Robert Roux, “La Montagne” Avril 2007
"Mais la grande interrogation des enfants reste ce fil tendu au centre de la piste. La réponse leur viendra avec l'arrivée de Johanna Gallard, une étonnante équilibriste voyageuse. Bagages en mains, elle s'élance sur ce frêle ouvrage. Petit à petit, l'oiseau au grand corps gracile fait son nid sur ce fil, fil d'ariane, fil de vie. Elle joue et se joue de la gravité, comme cette petite plume qu'elle laisse voler au fil du vent. Descendue de son perchoir, elle retrouve la terre ferme sous les applaudissements et le regard émerveillé de tous".
La Montagne, jeudi 5 avril 2007
TT "Une voix venue d'ailleurs, une voix de haute-contre, s'élève de la piste. Depuis la salle une jeune femme arrive furtivement, comme une voyageuse en retard. Longue chevelure tressée, visage presque impassible, silhouette androgyne, elle cherche à s'installer sur le fil-son fil, sa vie- avec ses bagages, valoches, cartable, gros carton, étui à balai...Fascinée par le fil depuis son enfance, par ses dimensions symboliques et philosophiques, Johanna Gallard présente un travail poétique sur le geste, l'équilibre, le rebond, enrichi de sa complicité avec un pianiste et chanteur virtuose. Un spectacle qui a évolué et s'est affiné depuis sa création, en avril 2005"
Stéphanie Barrioz, Télérama "Sortir" , 17 janvier 2007
« D’une plate-forme à l’autre, le manteau se fait joueur, le balai s’empare des états d’âme, la plume souligne la légèreté des propositions techniques, les habits s’emmêlent, et l’emmêlent. Portée par son imaginaire, elle s’embarque dans des propositions artistiques téméraires…Tours, sauts, changements de direction, petits pas dansés ou sautés sont là pour rappeler que le fil est un art qui comporte difficultés et challenges.
Dans ces Territoires inimaginaires, Johanna Gallard est formidable d’aisance. Elle évolue sur son fil avec une tranquillité et un naturel qui font négliger au regard la difficulté de l’agrès. Oublieuse du temps qui passe, elle s’élance, aérienne, à l’aise, même sur la durée ».
Odile Cougoule « La vie sur un fil » in Arts de la Piste, Octobre 2005.
"Un gars, une fille… d'aplomb
La vie fait parfois de drôles de détours et nous réserve malgré tout quelques belles surprises au hasard d'improbables instants volés. Improbables, parce que coincé entre le périph' et une vieille cité ouvrière de la porte de Clignancourt, il faut vraiment aller le chercher le chapiteau d'Adrienne ! Après la plage sous les pavés, nous avons eu 50 minutes de poésie sur le bitume grâce à la compagnie Au Fil du Vent et son spectacle Territoires Inimaginaires... pure black top poetry ! Simplement accompagnée du pianiste Thierry Bazin, qui tisse des ambiances musicales tout au long du spectacle, Johanna Gallard, danseuse de fil, nous ouvre les portes de son univers, et de son cœur... tout doucement... en équilibre à un mètre du sol. Avec peu d'accessoires : un assemblage de vieux cartons, un manteau élimé, de vieilles valises fatiguées, un balai, un rideau, et un surréaliste porte-manteau mécanique elle crée une suite de petites saynètes... belles, douces et fragiles comme des bulles de savons dans la lumière.
Pendant quelques instants on retrouve nos âmes d'enfants, nos yeux s'illuminent, un sourire se dessine sur nos visages et on est presque tristes lorsque en partant, l'artiste dépose avec délicatesse, une plume blanche sur son fil... On quitte le chapiteau avec l'impression de s'être fait respirer l'âme, comme si on avait pris conscience d'être resté trop longtemps en apnée dans le cynisme ambiant. Après... c'est samedi soir, le quotidien reprend son cours, on remonte le boulevard jusqu'au métro, entre deux papiers gras et un sac plastique qui vole dans les tourbillons. Il fait nuit mais on est rassuré de savoir qu'on a encore un peu de temps de cerveau disponible pour autre chose que du coca..."
Christophe Levieux Avril 2006 EMI-CFD
"Vivre sur un fil : tel a été la contrainte, l'intimité et le devenir de Johanna GALLARD (...)
De son rapport unique avec cet agrès, puisqu'il est autant acteur que le personnage, Johanna a composé une ligne de dialogues intitulée Territoires inimaginaires. L'expérience et la maîtrise de l'objet lui ont permis d'inventer rapidement des propositions de jeu. Le fil prend ainsi différentes tournures : un lieu de passage, dont les plate-formes s'imaginent en pied à terre ou en seuil à franchir, en territoire à conquérir. Le fil ne représente pas un simple déplacement dans l'espace, mais une métaphore de l'artiste nomade, en mouvement permanent. Il nous conte alors un premier cheminement, se mue en corde sensible aux variations du coeur (...) Qui, du fil ou du personnage, est le prolongement de l'autre ? La réponse tient sans doute du mystère, et c'est heureux."
Morgane Le Gallic in Arts de la Piste, avril 2006
«Tout en cherchant la confrontation ou en improvisant un dialogue avec la musique, le voyageur-funambule arpente la corde en trimbalant son bric-à-brac, en se gaussant de l’attraction terrestre qui rive le public sur sa chaise (…) Sur son fil, le moindre coup de balai est magnifié pour devenir exercice de haute voltige(…)en une heure de spectacle, l’artiste a remporté le pari d’entretenir l’attention du public avec sa seule corde suspendue à son imaginaire. Aucun des nombreux allers et retours de la funambule ne se sont ressemblés, alors que Johanna GALLARD a sans doute parcouru quelques kilomètres sur sa corde, ce soir-là. Ses premiers kilomètres en public (…) Le voyageur est reparti dans l’ombre, avec son manteau et son imagination rangée dans ses valises, après avoir laissé converser cette dernière une heure durant. Mais quelle heure… »
J.F OTT « Encordée à l’imaginaire » in Dernières Nouvelles d’Alsace, 25 avril 2005.
« Nous devenons les témoins amusés d’une sorte d’intrusion dans un grenier qui pourrait être celui de notre enfance… Le personnage ainsi crée se joue de ces objets inanimés qui, au fil de ce rêve éveillé, vont devenir les partenaires animés de superbes évolutions sur fil…Le petit mètre qui la sépare du sol contribue à une proximité, apporte un rapport privilégié avec les spectateurs… Il faut en effet voir au fil du déroulement de la pièce les spectateurs s’amuser, gamberger à chaque trouvaille visuelle, tandis que les enfants sont aux anges face à toute cette construction ludique… »
Daniel PELFRENE « Les Territoires inimaginaires de Johanna GALLARD » in Bretagne Circus, Juillet 2005.
« Une étrange personne aux allures de « Shadok » rentre en piste…Un spectacle à la chorégraphie très soignée, possédant quelques doses d’humour et un imaginaire intérieur débordant… »
Antoine Dacord « Au fil de l’imaginaire contemporain » in L’écho de la Haute-Vienne, 25 août 2005.
Article paru dans les cahiers de l'ADDIM de l'Ain
"Territoires inimaginaires
danse de fil - partition, par Johanna Gallard
Les éditions L’Entretemps possèdent un savoir-faire très particulier, celui de convertir un numéro de théâtre de rue ou de jonglage en poème. C’était déjà le cas pour In situ, voyages d’artistes européens (cf. Cahiers n°11), ça l’est aussi pour Territoires ininmaginaires de Johanna Gallard. Le sous-titre est ici “danse de fil - partition”, une partition dont les instruments sont les pieds (surtout les pieds), les bras et les yeux. L’ensemble du recueil décrit avec autant de précision que possible des scénarios de funambulisme, tant pour ce qui est des pas, des figures que des accessoires, de la direction du regard, de la nature de l’accompagnement musical… Il s’agit donc du résultat d’un “simple” exercice de transcription par l’écrit d’une chorégraphie sur fil. Mais la pureté de langage, la justesse des termes et la finesse des remarques destinées à guider un éventuel interprète font de chaque “partition” un chant poétique d’une force évocatrice et émotionnelle comparable à celle du Champion de jeune de Kafka, nouvelle qui reste sans doute, avec Le Funambule de Jean Genet, l’un des modèles de l’évocation littéraire d’un artiste de cirque. C’est aux côtés de ces deux livres qu’il faudra ranger ces Territoires ininmaginaires dont on donne ici l’extrait du morceau Incertitudes/Le Manteau (environ six minutes) :
« Il avance à “pas de chat”, donne un coup furtif sur le fil aussitôt amorti. [Le manteau saute sur place.]
Il regarde le public.
Il regarde vers le public. Il s’avance, regarde vers le public et donne plusieurs à-coups sur le fil, le dernier aussitôt amorti. [Le manteau subit ces nouveaux rebondissements.] Il recule de quelques pas, ralentit et s’accroupit. Il regarde le manteau de côté, pivote en position frontale en s’appuyant sur le fil. Il resserre ses pieds, ramène sa main près de lui.
Il demeure posé là quelques instants à la recherche d’une certaine immobilité. Il s’en rapproche en glissant un pied après l’autre : il se relève progressivement les pieds restant orientés de côté. Dans le même mouvement, il le pousse du bout du pied et ce à plusieurs reprises tout en cherchant à avancer petit à petit.
Il se remet face au fil, engage tout son corps pour le repousser en glissant ses pieds l’un derrière l’autre jusqu’au bout du fil. Il recule à demi-frontal, un pied se rapprochant puis s’éloignant de l’autre en glissant en arrière : ses pas s’accélèrent et se raccourcissent au fur et à mesure. Il heurte la plate-forme. Déséquilibré, il se rattrape en posant un pied sur la ”maison” (l’une des deux plates-formes entre lesquels le fil est tendu), se serre dans ses bras.
Il ramène le pied resté sur le fil, regarde le manteau. Il réengage son pied sur le fil en sa direction. Il s’en rapproche assez vite en glissant un pied après l’autre. Il s’arrête, laissant le fil rebondir sous son poids : il profite de cette nouvelle sensation. Il regarde vers le public en souriant. Il rebondit sans discontinuer amplifiant le mouvement d’un geste circulaire des deux bras qui se rapprochent et s’éloignent : les mains sont tour à tour fermées puis ouvertes en direction du manteau. La musique se met à virevolter. Il lance ses bras dans tous les sens au gré des impulsions données par le fil.
Il laisse le fil finir son rebond sous ses pieds tout en relâchant le contrôle de ses bras. Il saisit son poignet d’une main, le tire dans un demi-tour, résiste, ramène son bras dans la direction opposée, le tire vers l’avant, entraîné vers la “maison”. Il marque un arrêt brusque à moitié engagé sur la plate-forme.
Il respire.»
Il n’est absolument pas certain que la remarque conclusive de ce recueil – «cette partition ne prend réellement sens qu’au moment de la représentation au travers du partage de l’espace et du temps entre les différents “acteurs” [le “personnage” interprété par la funambuliste-chorégraphe, le musicien pianiste, le fil et la loi de la gravitation] et les spectateurs» – soit juste. Au lieu d’être une partition, c’est-à-dire un simple outil (telle est donc la modeste prétention affichée par l’auteur), cette écriture s’impose pour et par elle-même."
Editions l’Entretemps, 90 pages - 10 euros